CONFLIT SOCIOCOGNITIF :
[…] La théorie du conflit sociocognitif constitue, depuis les années 80, l’hypothèse centrale de la psychologie
sociale du développement, ou en d’autres termes, des théories de la construction sociale de l’intelligence.
Celles-ci considèrent l’interaction sociale comme l’un des éléments clés du développement intellectuel de
l’individu.
[…]
Gilly définit le conflit sociocognitif comme une « dynamique interactive, caractérisée par une coopération active,
avec prise en compte de la réponse ou du point de vue d’autrui, et recherche, dans la confrontation cognitive
d’un dépassement des différences et contradictions pour parvenir à une réponse commune. » (1)
Le problème posé aux chercheurs qui souhaitent étudier l’incidence du conflit sociocognitif sur le
développement, consiste à identifier les différentes manières de provoquer ce conflit et à déterminer les
variables sociales qui jouent un rôle significatif dans le développement.
Le conflit peut être provoqué :
-par une mise en relation avec un autre enfant, qui sera porteur d’un avis différent,
- par une mise en relation avec un adulte,
- par l’utilisation d’une situation marquée socialement, à condition que l’on puisse provoquer un conflit entre la
représentation spontanée de la situation et une représentation sociale antérieure qui s’oppose à la
représentation spontanée. Une question se pose cependant : le « conflit » est-il absolument indispensable ?
II semblerait que non, quoiqu’il soit indiscutablement facteur de développement.
En 1988, Gilly souligne que « des effets bénéfiques de l’interaction ont en effet été observés sans qu’un véritable
conflit entre les sujets ait pu être noté. » […] (1)
L’opposition, le conflit, ne serait donc pas l’élément essentiel de la dynamique : « Les oppositions de réponse en
termes de performance ne sont jamais suffisantes… II faut que la déstabilisation porte sur la procédure de
résolution elle-même, en cours d’exécution de la tâche » (1). Le facteur décisif serait donc la déstabilisation que
provoque un avis différent sur le mode de représentation ou sur le mode de résolution. C’est donc dans
l’interaction sociale que peut se produire la déstabilisation favorable à une reconstruction cognitive. Cette
dernière remarque justifie bien évidemment l’importance de la médiation (d’un adulte ou d’un pair) pour provoquer
les apprentissages.
(1) Gilly M. dans Perret-Clermont A.-N., Nicolet M., Interagir et connaître. DeIVaI, 1988.
Toutes les définitions ou extraits de définition proviennent du livre de Françoise
Raynal et Alain Rieunier « Pédagogie : dictionnaire des concepts clés –
apprentissage, formation, psychologie cognitive » ESF éditeur














16 août 2014
Dico pédagogique