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Peau de vachette Par Nora Aceval

Peau de vachette Par Nora Aceval dans Contes Peau-de-vachette-215x300Le texte du conte

Il était une fois, un sultan qui avait deux femmes qui ne lui donnèrent pas d’enfant. Sur les conseils de son astrologue, il se remaria une troisième fois. Cette troisième épouse avait vu en songe qu’elle tenait dans ses bras une lune traversée par un rayon de lumière. Comme elle était enceinte, elle en fit la confidence à ses concubines : 
- Selon ce bon présage, je mettrai au monde un garçon avec, sur le front, une mèche de cheveux en or.

Cette prémonition suscita la jalousie des deux femmes. Elles complotèrent et le jour de l’accouchement, elles en appelèrent à la maudite vieille Settoute en lieu et place d’une sage femme. Comme il était prédit, la mère mit au monde un beau petit garçon avec sur le front une mèche d’or. Settoute le remplaça par un chiot et l’emporta sous son voile.

Le sultan s’impatientait de voir le bébé à la mèche d’or quand ses deux premières épouses lui tendirent le chiot en lui annonçant d’un air catastrophé :
- Tu as épousé un monstre, voilà le fruit de ses entrailles.
- Quoi ? Une femme qui accouche d’un animal mérite de vivre avec les animaux. Habillez-la d’une peau de vache et attachez-la avec les bêtes, hurla le sultan.

La pauvre mère en couche n’avait pas eu le temps de voir son enfant. Accusée de monstre, elle se retrouva parmi les bêtes. Pour se débarrasser du bébé, Settoute le déposa dans une corbeille et le livra à la mer. Fort heureusement, les flots ne tardèrent pas à le rejeter sur une plage isolée à l’endroit exact où un pêcheur, très pauvre, préparait ses filets. La corbeille qui scintillait au soleil attira son attention. Il s’en approcha et découvrit le nourrisson avec de l’or sur l’oreiller. Comme il n’avait pas d’enfant, au comble du bonheur, il courut le porter à sa femme :
- Notre maison se remplit ! Le ciel nous a envoyé un fils ! Un fils avec de l’or sur la tête. Nous voilà comblés.

Le pêcheur et sa femme devinrent riches. Il leur suffisait de vendre au souk l’or recueilli chaque matin sur l’oreiller du petit garçon. Le temps passa dans le bonheur et la paix et l’enfant grandit en âge, en intelligence et en beauté. Un jour, l’un de ses camarades après une bousculade, lui lança avec mépris:
- Pour qui te prends-tu ? Tu n’es que le fils de la vague. Ces paroles plongèrent le jeune homme dans une profonde mélancolie. Il se plaignit à ses parents. Le pêcheur et sa femme lui dirent toute la vérité :
- Dieu nous est témoin, nous t’aimons comme notre enfant, mais il est temps que tu recherches ta vraie famille. Va ! Notre bénédiction t’accompagne. Retrouve tes origines.
- Je reviendrai si le ciel me prête vie ! promit le jeune homme.

Il enfourcha son cheval et prit la route. Il voyagea longtemps, longtemps. Il traversa des villes prospères, des contrées arides, des pays inconnus. Enfin, au bout de maintes péripéties, le hasard le conduisit dans le sultanat de son père. Lorsqu’il entendit l’histoire de Peau de Vachette, cette femme de sultan qui accoucha d’un chiot au lieu d’un fils à la mèche d’or, il reconnut sa mère ! Il était donc prince ! Et comme il était riche et de noble allure, il réussit à se faire inviter par le sultan. Il se présenta au palais avec une malle. Cette malle contenait de somptueux vêtements, des baumes, des savons et des parfums. Après dîner, il provoqua la surprise du sultan lorsqu’il lui formula cette demande :
- Sire, permettez à cette créature surnommée Peau de vachette de venir dormir dans ces appartements que vous mettez à ma disposition.
- Vous n’y pensez pas mon ami ! Ce n’est pas un être humain ! objecta le sultan.
- Sire, je vous le demande comme une faveur au nom de l’hospitalité que vous m’accordez.
- Soit ! Comme vous voudrez ! Mais demain, après votre départ, elle retournera avec les bêtes.

Le prince ne dit plus rien et reçut Peau de vachette qui s’endormit, pour la première fois, depuis longtemps, à l’abri. Dans la nuit, il la réveilla discrètement, ouvrit sa malle et l’invita à se servir :
- Voilà de quoi te laver, te coiffer, te parfumer et t’habiller. L’heure de la vérité a sonné.

La pauvre femme obéit sans comprendre ce qui lui arrivait. Un moment après, elle apparut vêtue de magnifiques kaftans. Elle scintillait. Ce fut alors que le jeune homme ôta son turban et lui annonça d’une voix émue :
- Regarde mon front ! Je suis ton fils et tu es ma mère ! Jamais tu n’as accouché d’un chiot.

Elle se jeta dans ses bras. Les cris de joie alertèrent le sultan qui accourut. Il fut stupéfait de voir avec son invité une belle, plus belle que le soleil. Il se crut victime de quelque Djinn venu troubler son esprit quand son hôte lui révéla la vérité en ôtant son turban pour la deuxième fois :
- Monseigneur ! Je suis votre fils et cette femme est ma mère. Regardez mes cheveux.

Ainsi, rien n’empêcha la vérité de se révéler au grand jour. Les deux concubines furent chassées, exilées à tout jamais. Puis le sultan, après les pardons, organisa un nouveau mariage avec celle qu’il avait si injustement punie. Le prince n’oublia pas ses parents adoptifs qu’il fit venir auprès de lui. Et tous vécurent heureux, ensembles, et longtemps.

Pour moi qui ai raconté, une chamelle et un bâton ! Pour vous qui avez écouté une vachette et un bâton !

Peau de vachette
Pays de collecte : Algérie. Un conte dit en français par Nora Aceval et en arabe algérien
par Mustapha Chaïb.
COMPRÉHENSION ET EXPRESSION ORALE
Écoute du conte avec une préparation préalable pour orienter les élèves selon les objectifs fixés.
Expression libre et spontanée : Réactions à chaud des élèves.
Synthèse :
Vocabulaire thématique de la famille : Père, mère, enfants… Cherchez dans le texte tout ce qui
caractérise la famille selon ces différents points de vue : relation, sentiments, jalousie, amour…
EXPLORATION ET ANALYSE
Lecture du conte :
Pourquoi les deux co-épouses ont-elles menti au roi ?
Quelles sont les conséquences de mensonge ?
Comment la pauvre a-t-elle retrouvé sa liberté ? Comment est-elle réhabilitée ?
Comparez le début et la fin du conte. Sont-elles identiques ?
Représentations culturelles :
La famille : le mariage, la bigamie, l’importance de l’enfant dans la famille, les traditions.
Parler de sa famille, des parents, des grands-parents, de la famille élargie… (individuellement ou
en groupes de deux sous forme d’un jeu de questions réponses ou de dialogues.
Décrire Settout : (telle qu’elle qu’on la représente dans l’imaginaire collectif) : ses traits
physiques, sa place dans la culture locale, son rapport aux autres. Chercher des synonymes
possibles : mégère, colporteuse de nouvelles, méchante, mauvaise conseillère…
Comment est-elle décrite dans le texte ? (La maudite vieille Settoute).
Relever les mauvaises actions qu’elle avait commises.
Comparez-la à l’ogresse. Quelles sont les différences ? (Settout est un être humain, une vieille
femme et l’ogresse est une bête sauvage, un monstre imaginaire qui se métamorphose en un
être humain, généralement en une femme belle et séduisante).
Connaissez-vous d’autres histoires où figure Settout ? (À faire par écrit, voir rubrique production
écrite)

APPRENTISSAGES LINGUISTIQUES
Les temps verbaux
Le passé simple et l’imparfait de l’indicatif : Modalités, morphologie, conjugaison systématique.
Transformer quelques passages au présent de l’indicatif.
Syntaxe
L’expression du but :
Pour se débarrasser du bébé, Settoute le déposa dans une corbeille et le livra à la mer.
Exprimer le même rapport en utilisant : afin de, dans le but, dans l’intention de… + infinitif
(Veiller aux transformations verbales nécessaires).
Chercher d’autres exemples dans le texte ou donner des exemples personnels dans des
contextes différents.
PRODUCTION ÉCRITE
Décrivez Settout selon votre imagination (l’enseignant peut proposer une série de mauvaises
actions par exemple) en employant des qualificatifs. Attention aux accords.
Si vous étiez ce roi, comment auriez-vous réagi vis-à-vis de ces deux co-épouses jalouses ?
EXTENSION
Si les enfants connaissent la langue locale de ce conte : chercher et transcrire la version locale de
ce conte.
Fiche pédagogique rédigée dans le cadre de « Conte-moi la francophonie » par Djamal Areski, enseignant algérien.
Avec le soutien du Fonds Francophone des Inforoutes et du Ministère des affaires étrangères.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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